Formats et versions, mode d’emploi

Les sigles des horaires racontent trois choses : la langue des dialogues, le format de projection et l’arrivée ou non de la 3D. Voici comment les lire.

VOST, VF, VO : la langue du film

Quatre sigles reviennent dans les programmes genevois, et ils ne se ressemblent pas.

  1. VF : le film est doublé en français. Les dialogues ont été ré-enregistrés par des comédiens. C’est la version par défaut des grandes salles commerciales, et la seule proposée pour beaucoup de films destinés à un jeune public.
  2. VOSTFR : version originale, sous-titres français. Le film est projeté dans sa langue d’origine (anglais, italien, japonais…) avec des sous-titres traduits à l’écran. C’est la version reine des salles d’art et essai de Genève.
  3. VO : version originale sans sous-titres. Rare, réservée aux séances spéciales et aux publics qui la demandent.
  4. VOST : version originale sous-titrée, sans préciser la langue des sous-titres. Certains programmes l’utilisent pour les films en anglais, dont beaucoup de Genevois comprennent les dialogues sans aide.

Une mention comme « VOST 3D » ou « VF 3D » cumule la langue et le relief. Un même film peut être proposé dans plusieurs versions le même jour : l’horaire porte alors deux lignes distinctes, et il vaut mieux prendre la bonne.

Pourquoi Genève programme tant de VOST

Ville frontalière, Genève a toujours vécu avec trois langues dans la rue, et le cinéma n’y a pas échappé. Les salles d’art et essai du centre, les Cinémas du Grütli et le Bio à Carouge, programment l’essentiel de leur affiche en version originale sous-titrée ; les films étrangers y passent rarement en VF. Les grandes salles commerciales, elles, privilégient la VF pour les blockbusters, tout en gardant des séances VOST, souvent en soirée.

Résultat : à Genève, le choix ne se résume pas à « quel film », il se joue aussi sur « dans quelle version ». La page À l’affiche reprend la version telle que publiée par la salle, et le filtre correspondant permet de n’afficher que les séances VOST ou VF.

DCP, 35 mm : comment le film arrive sur l’écran

Depuis la bascule du numérique au début des années 2010, les films sont distribués sous forme de fichiers, et non plus de bobines. Le format de livraison standard s’appelle le DCP (Digital Cinema Package) : un ensemble de fichiers chiffrés qui contient l’image, le son et les sous-titres, délivré à chaque salle avec une clé de lecture valable pour une fenêtre de dates.

Le 35 mm, lui, ne survit que dans les ciné-clubs et les projections de collection. Les copies argentiques sont devenues rares, et elles font l’objet de programmes annoncés à l’avance : ce sont ces séances « 35 mm » qui attirent les curieux, car elles sont devenues un événement à part entière.

Les formats de son ne figurent presque jamais sur les horaires : la plupart des salles genevoises sont équipées en son multicanal (Dolby 5.1 ou 7.1), certaines en son immersif. Le vendeur de billets vous le précisera si cela compte pour vous.

La 3D, et ce qu’elle change

Une séance 3D se reconnaît à la mention dans l’horaire et, en salle, à la paire de lunettes distribuée à l’entrée. Le film est projeté en relief, ce qui demande un équipement dont toutes les salles ne disposent pas : vérifiez la mention avant de réserver, car le prix d’une séance 3D est presque toujours plus élevé que celui d’une séance 2D du même film.

Les films d’action et d’animation sont les principaux pourvoyeurs de 3D. Certains titres sont tournés en relief, d’autres le sont convertis après tournage : seuls les puristes s’en soucient.

Format d’écran et place dans la salle

Les films sont tournés dans des proportions différentes : les « grands formats » panoramiques (2,39:1, l’héritier du CinemaScope) s’affichent en bande large, les autres (1,85:1) remplissent davantage l’écran en hauteur. Les salles genevoises affichent rarement ces ratios, mais la règle reste vraie partout : une place au centre de la rangée, à deux tiers de la profondeur de la salle, donne la meilleure position dans à peu près tous les cas.

Rien à vérifier pour le spectateur, donc : choisissez la place, pas le ratio.

Le label art et essai

Le label « art et essai » est attribué en France aux salles qui programment une part significative de films de recherche, d’auteur ou de patrimoine. En Suisse, la notion se porte sans label officiel, mais elle structure la programmation : les Cinémas du Grütli et le Bio de Carouge vivent de cette identité, entre reprises, avant-premières et ciné-débats. La page salles le signale en badge sur les fiches concernées.

Lire une ligne d’horaire

« 20:40 · VF 3D » signifie : le film commence à 20 h 40, en version doublée, en relief. « 18:30 · VOSTFR » : 18 h 30, version originale sous-titrée en français. C’est toute l’information dont vous avez besoin pour choisir, avant d’aller vérifier la salle sur la page des séances.

Sources

Les horaires de ce site sont un copier-coller de ce que chaque salle publie. Ils ne remplacent pas le site officiel de la salle, qui reste la référence en cas de changement de dernière minute.